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Sans dessous dessus

Où comment je ne considère pas forcément le porte-jarretelles comme faisant partie des effets spéciaux (tiens, ça ferait une bonne définition de mots croisés).



jaretelle

La première fois que j’ai vu, de mes yeux vus, un porte-jarretelles, c’était dans une petite poche cartonnée constituant le “butin” qu’elle avait ramené de ses emplettes dans les magasins marseillais. Je ne sais pas pourquoi elle l’avait acheté (toutefois je me doutais bien que ce n’était pas pour jouer à l’élastique) parce que je ne lui en avais jamais fait la demande. Une surprise en quelque sorte. La cerise sur le gâteau.
Elle l’a essayé le soir même et, ma foi, je dois avouer que c’est assez efficace en matière de suggestivité (bien qu’en la matière je n’en ai guère besoin). Nous avons ainsi pratiqué la chose une quinzaine de fois en dix ans de vie commune. Vu le peu d’usure et comme je n’ai jamais été pris d’une fougueuse frénésie bestiale qui aurait eu pour résultat de transformer le porte-jarretelles en lambeaux, il n’y a donc pas eu lieu de le renouveler.
Et puis, lors de la séparation des biens du divorce, je n’ai quand même pas osé réclamer devant le juge le porte-jarretelles en souvenir. Elle l’a donc gardé et je n’en ai jamais revu un de près. Enfin, pas sur une dame, parce que j’en ai un (pas pour l’essayer en cachette…) qui est quelque part dans un carton, hérité d’une autre tranche de vie. Elle ne l’a jamais porté devant moi, c’était pour elle plutôt une sorte de trophée, un ex-voto de sa fin d’adolescence tumultueuse.
En fait, je ne suis pas fétichiste du tout et si (comme tout mâle qui ne se respecte pas forcément, je ne fais pas toujours dans la dentelle) les froufrous ne me laissent pas de marbre, je ne peux pas dire non plus qu’ils me soient essentiels. J’adore regarder une belle lingerie fine (mais je ne collectionne pas pour autant les pages spécialisées du catalogue de La Redoute) ailleurs que dans les vitrines, toutefois un petit chemisier à peine transparent qui s’entrouvre sur un petit bout de sein nu ou une jupe qui se croise sur un gouffre dont je n’aperçois pas le fond, me font tout autant d’effet que les effets spéciaux (genre porte-jarretelles).
En fait, ce que j’aurais le plus aimé, ce n’est pas de rencontrer à nouveau une créature porte-jaretellée mais la voir en train de se préparer. L’ajuster. L’attacher. Enfiler les bas et les tendre soigneusement en les remontant avec précaution pour ne pas les filer… et puis arriver à me souvenir si la culotte se met avant ou après !

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